Elle etendit " allô " et elle sut. Peut-étre même le téléphone sonna et elle sut, elle ne se souvient plus, elle se demande si elle n'a pas scruté l'appareil avant, en tout cas elle n'a pensé à personne d'autre, Il sonnait autrement . . . Elle fut prise d'une envie de pleurer. Elle ressentit une chaleur dans le ventre, une douleur lui étreignit le coeur, un océan tiéde s'ouvrit dans sa tête, c'etait comme une irradiation atomique, ses petits corps cellulaires qui se mettaient tous à danser les uns avec les autres. Elles eut envie d'huler " Je vous aime ! Venez, je vous en supplie...je vous aime, vous comprenez ?...", et de pleurer, de crier, et méme de raccrocher pour ne pas être contrainte de contenir un tel raz de marée. Elle détesta entendre cette voix calme sortie d'elle-même: " Comment allez-vous? ", c'était tellement faux, tellement loin de la vérité, tellement ... nul. Elle était d'autant plus boulversée qu'elle n'espérait absolument pas ce coup de téléphone, elle espérait que quelque chose advienne bien sûr, un jour, mais elle atendait autre chose, d'abord au moins une réponse à ses courriers, et cette attente n'était même pas active. Elle avait remis sa vie entre les mains du destin ou de quelque puissance incorruptible de même genre, et elle ne cherchait plus à prier ou à influer le cours des événements en concentrant très fort sa pensée dans la formation
d'un voeu obsessionnel .